Depuis quelques jours le Journal de Montréal se voit le besoin de remettre l’idéologie spirituelle catholique sur la sellette par l’édition d’un dossier sur la foi religieuse des Québécois. Aujourd’hui, j’ai été surprise de voir qu’il existe encore bien des gens pratiquants ou adeptes du catholicisme. Par contre, sur le principe défini par ce même catholicisme, nous sommes tous des mécréants indignes si l’on se réfère aux sept péchés capitaux qu’il revendique d’éviter de s’en allier le moindrement pour éviter d’aller en enfer.
Alors je me confesse, des sept péchés capitaux, je suis une pécheresse intègre !!! Du genre frileuse de nature, l’enfer me convient bien tant qu’à faire. Mais bon, je suis athée, voire même une agnostique attitrée. J’ai été baptisée parce que c’était le désir de mes parents, j’ai fait baptiser mon fils aussi mais c’était avant de comprendre que ma spiritualité n’avait pas besoin d’histoires rocambolesques pour m’expliquer ce qui était bien ou mal. À recommencer, je n’aurais pas baptisé mon fils mais je lui aurais plutôt laissé le pouvoir de choisir à sa majorité sa propre voie spirituelle. Mais rien ne l’empêche de renier, tout comme moi, cette adhésion catholique. C’est cela la démocratie, la liberté de choix par notre conscience.
Seulement, si je me confesse d’être l’outrageuse pécheresse, des représentants de l’ordre catholique n’ont aucune leçon à me faire.
Reprenons la liste de ces sept péchés dits capitaux :
- la paresse : refus d’accomplir des tâches nécessaires.
Ben oui, il y a des affaires nécessaires qui ne m’intéressent pas le moindrement d’accomplir, mais un curé n’est-il pas un paresseux pour exiger d’avoir des bonnes pour le servir dans son presbytère ? Il me semble que se nourrir, laver son linge, etc. sont des tâches nécessaires pour n’importe quel humain y compris l’ordre religieux catholique.
- l’orgueil : attribution à ses propres mérites de qualités vues comme des dons de Dieu (ex: intelligence)
Celui-là aussi je m’en confesse, je ne suis pas née idiote, ni « toute croche » ou « whatever ». Pourquoi devrais-je taire mes qualités et hypocriser ma propre conscience d’étaler mes faiblesses. Les représentants du catholicisme sont de loin les pires orgueilleux par l’ostentation émise dans leur doctrine s’inscrivant être la meilleure au monde.
- la gourmandise : ce n’est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, cette dernière impliquant davantage l’idée de démesure et d’aveuglement que le mot « gourmandise »
Gourmande, dans le sens propre du terme non, je suis plutôt du genre « gourmet ». Mais oui, je suis gourmande d’une démesure à la connaissance à m’en crever la cervelle, à m’en piquer les yeux et à y satisfaire une gloutonnerie pécheresse. Le pape qui se plaît à plaindre les miséreux qui crèvent de faim le cou gloitré par une abondance de bonne chère alors qu’il est supposé avoir fait voeu de pauvreté, n’est-il pas le premier pécheur à s’ignorer ?
- la luxure : plaisir sexuel recherché pour soi-même de façon immédiate
Y a pas de mal à se faire plaisir quand la pratique sexuelle est saine et consentante. N’est-ce pas messieurs les curés ? Vous qui, dans vos sacro-saints voeux, préconisez la chasteté, auriez-vous oublié que cela inclut aussi les actes pédophiliques dont on nous révèle aujourd’hui les affres dans vos cloîtres ?
- l’avarice : désir de posséder ou conserver plus de richesses que nécessaire
Je dois dire que c’est le péché qui me représente le moins. Être pauvre risque de demeurer le lot de ma pauvre vie, par manque de spéculation et de m’accorder une suffisance relative à ma condition. Mais encore une fois, le voeu de pauvreté place les représentants de l’église catholique sur le chemin des enfers. Rien que voir l’opulence du Vatican, à leur place je me dépêcherai d’ôter ce péché de la liste.
- la colère : « courte folie » déjà pour les Anciens, entraînant parfois des actes regrettables
Qui n’a jamais été en colère ? Si je me rappelle mon éducation biblique, Dieu se serait lui-même fâché et aurait créé un déluge. Décidément, plus on avance dans la liste moins ces péchés sont réprimandables.
- l’envie : refus de se réjouir du bonheur d’autrui, ou satisfaction de son malheur
Ben moi désolé, si je prends par exemple quelqu’un qui gagne contre moi à un jeu de société, n’étant pas hypocrite de nature, oubliez ça, je ne me réjouirai pas de sa bonne fortune. C’est une faiblesse que de se réjouir pour un autre alors qu’au fond de soi on envie sa chance. Les curés sont tellement envieux de notre liberté qu’ils se croient tout permis pour nous dire que nous sommes des pécheurs d’user de notre liberté alors qu’eux sont coincés avec des principes de vieux garçons.
Voilà à quoi je résume ma théorie des fameux sept péchés capitaux. Une invention d’une doctrine qui n’a pas le mérite de la morale. Et je me refuse d’être complice de cette supercherie. Me tourner vers une autre idéologie spirituelle ? Oubliez ça, toutes sont synonyme de mensonges et ne valent pas mieux l’une que l’autre. Toutes pour dicter aux autres la maxime du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
Je me suis déliée à jamais de ces chaînes de torture moralisatrices et savoure ma liberté de conscience nouvellement acquise. Et si je dois me placer dans une file d’attente d’un confessionnal pour la grandeur de mes péchés, je vous en prie messieurs les curés, passez les premiers, je ne suis pas pressée d’aller vous rejoindre en enfer.
Tout compte fait, ai-je besoin, à ce stade d’évolution humaine, d’aller me confesser ?